Dimanche 24 juin…Je suis rentrée le 20 : Procrastination,
quand tu nous tiens ! La preuve, je
retarde sans cesse le moment de conclure ce blog en me promettant chaque jour de le faire incessamment
et même avant !...évidemment !
Merci à ma bonne vieillotte de sœur d’avoir
consciencieusement maintenu en vie ce petit journal que nous avons commencé dès
nos premiers jours de grandes randonneuses, et que pour des tas de très bonnes
raisons, je n’ai pas pu continuer ( clavier querty, 2 ordinateurs pour
250 pèlerins, pas le temps d’écrire, etc…
)
Merci à tous ceux qui perdaient un peu de leur précieux temps
à lire nos bêtises et trouvaient le moyen de faire des commentaires : c’était
un merveilleux moteur pour raconter encore plus de niaiseries et Dieu sait que
de ce côté, nous ne donnons pas notre part au chat !
Epilogue, donc, j’ai dit !
Non, non, je ne ferai pas de discours philosophique sur « l’esprit
du chemin » : je ne l’ai pas rencontré, il devait se cacher quelque
part derrière un bosquet au moment où je passais…Mais c’est une sacrée
expérience tout de même, que je recommande vivement aux fêlés de tout poil.
Une évidence pour moi : la vie de nomade me convient
parfaitement. Plutôt celle de l’escargot, d’ailleurs, avec 6 kg de choses indispensables dans la
coquille, plus deux bâtons, et mon bien
le plus précieux : mes godasses !! C’est tout, et ça suffit largement. Je suis effrayée par tout ce qui remplit mes
armoires : on se casse vraiment la tête avec des tas de trucs inutiles…il
y a du tri dans l’air, je vous le dis !
Je modère mes propos : il faut avoir des euros pour
partir 3 mois de chez soi. Pour la
partie française, il en faut même beaucoup, mais heureusement beaucoup moins pour la partie espagnole. Le temps des pèlerins qui vivaient de la
charité est révolu mais j’ai tout de
même rencontré quelques irréductibles qui se risquent dans l’aventure (3 en 3
mois, qui faisaient la manche devant les églises…je ne vous le conseille pas,
ils n’avaient pas bonne mine)
En vrac : quelques conseils pour ceux qui sont tentés
par le périple, quelques cous tordus
aux idées reçues, et quelques
confirmations de ce qu’on m’avait dit tout de même avant mon départ ! Je
mettrai aussi des photos, quand j’aurai compris comment on fait pour les mettre
à l’endroit…C’est pas gagné !
Quelques conseils :
Les pieds !
Si je n’avais pas eu peur de déclencher une émeute, je me
serais agenouillée devant mes semelles tous les soirs, en remerciant mon
podologue. Si vous voulez ne pas avoir de crampes insupportables, consultez ce
Dieu des marcheurs qui vous rectifiera la voûte plantaire et l’empêchera de s’effondrer
au bout de quelques centaines de km….
Au lieu d’attendre d’avoir des ampoules, collez un truc sur votre
peau là où vous sentez qu’il y a un frottement (et donc une future ampoule).
Pareil pour l’arrière des chaussures quand elles commencent à s’effilocher. Un
bout de collant, et c’est la fin du supplice. Le préventif, c’est mieux ! Et le soir, après la douche, bichonnez vos
petits petons avec amour, tortillez-vous les orteils dans tous les sens, et les
chevilles pareil, avec n’importe quelle crème bien grasse. On a l’air très bête dans cet exercice, mais c’est
fou ce que ça fait du bien !
Le sac à dos (30 litres, Salomon)
J’ai la fierté de dire que le mien faisait des envieux par
son poids plume…Suffit de chasser l’inutile, et à ce petit jeu, je suis une
experte. Je vous livre le contenu de mon chargement…En déclarant officiellement
que je n’ai jamais manqué de quoi que ce soit (J’ai même dépanné des pèlerins
qui avaient des sacs énormes, mais justement pas ce dont ils avaient besoin… Des
années de scoutisme, ça sert…)Le principe de base est d’équilibrer correctement
le contenu. Et au bout de quelques
jours, on ne le sent même plus.
-
Un sac de couchage ultra-light (en France, on
fournit des couvertures dans les gîtes. Pas la peine de s’encombrer d’un énorme
duvet lourd et encombrant. En Espagne,
il y en a aussi presque partout, sauf là où il fait généralement chaud)
-
Un petit sac de nuit, contenant pyjama (léger !
pas en pilou !!) et lampe frontale
-
Un sac de fringues de rechange (1 pantalon, 1 T-shirt,
2 paires de chaussettes, 1 pull polaire léger, 3 sous- vêtements et c’est tout….En arrivant au gîte,
on prend sa douche, et on lave ses fringues du jour, qui sont sèches le
lendemain matin. Et on sent bon ! )
-
Une trousse de pharmacie réduite au strict
minimum : de l’aspirine !...et du collant pour protéger les pieds
(voir plus haut, section « pieds »).
En France comme en Espagne, soit on est moribond et on va consulter la
faculté, soit on a un petit bobo de rien et on va à la pharmacie du coin. Pas
la peine de prévoir tout ce qui pourrait nous arriver comme horrible chose :
du sirop contre la toux, par exemple, ça
pèse lourd dans un sac…
-
Une trousse de bric à brac : 5 pinces à linge, 1 petit nécessaire de
couture, 3 épingles à nourrice
-
Un drap de bain (comme les vêtements, en tissus
ultra-light)
-
Une petite trousse de toilette : savon de
Marseille (pour soi et pour laver le linge), déodorant, brosse à dents et dentifrice,
petits ciseaux, crème Nivea ou autre,
shampoing petit format, peigne, et ça suffit pour être propre et sentir bon !
Ça, c’est pour l’intérieur du sac. Ne pas oublier qu’il
faut rajouter au-dessus le pique-nique du jour. Là aussi, il faut bien calculer
son coup, et ne pas craquer sur la promotion du super-mercado qui propose 2 Kg
de pommes pour le prix d’1 !
Les petites poches de ceinture
doivent contenir ce dont on a besoin sans arrêt. J’avais dans la première de l’écran
total, un couteau suisse, et une petite cuillère (pour manger mon yaourt du
pique-nique !), et dans la seconde le chargeur de mon téléphone (parce que
souvent il faut profiter des pauses dans les bars pour le recharger. Vu le
monde dans les gîtes en fin de journée, les prises disponibles sont rares !
Pas pour autant qu’il faut vider son sac à dos dans le café pour trouver le
chargeur, hein ! )
Les poches latérales contenaient
chacune une bouteille d’eau d’un demi-litre…A ce propos, je ne sais pas si les « tendinites »
sont le résultat d’un manque d’eau, mais même dans la Meseta, par 40° à l’ombre
( y a pas d’ombre, dans la Meseta, d’ailleurs…) je n’ai jamais du boire plus d’un
quart de litre d’eau….et je n’ai jamais eu de tendinite pour autant….je ne
conseille pas de ne pas boire, je m’étonne de cette obligation de boire quand
on n’a pas soif. Au sujet de l’eau : il existe chez nature et découverte
un système de « tuyau » adaptable sur n’importe quelle bouteille. C’est
mieux que ces poches à eau qu’on ne peut pas laver et qui deviennent vite
débectantes à voir (selon mon sens de l’hygiène, hein ! )
Une banane me servait à mettre ma
carte d’identité, mes beaux euros et ma carte bancaire, des kleenex, et mon
téléphone. Dans la poche supérieure du sac à dos, guides, credential
(indispensable en Espagne pour avoir une place dans les gîtes ! donc doit
être accessible immédiatement à l’arrivée
de l’étape !)), gants, casquette, cape de pluie (attention : prendre une
cape avec des manches !!! Sinon, on ne peut pas se servir de ses
bâtons sans avoir les bras trempés….souvenir glacé de l’Aubrac ! )
Et voilà….Fin de l’épilogue 1 !
Il y aura un épilogue 2 avec les
photos….Suffit d’attendre !
oui oui, je ne quitte presque plus la jolie casquette, et non non, malgre les vives recommandations de ma chere soeur, je n arrive toujours pas a absorber des litres d eau . je suis de la race des chameaux au sens propre et peut etre bien aussi figure...et je suis toujours aussi dubitative sur l utilite de se noyer pour echapper aux celebres tendinites tant redoutees des pelerins...en tous cas, je suis la preuve formelle du contraire
Je suis en ce moment a Corrion de los condes et toujours sur cette Meseta torride mais absolument sublime. Ces etendues vertigineuses de champs traversees par un chemin de terre qui n en finit pas doivent sans doute etre difficiles en ete mais en ce moment, les bles sont verts et plein de coquelicots et de bleuets, et le trefle est en fleurs. C est vraiment magnifique. je fais des photos mais je ne peux pas les passer sur le blog...
Demain, petite etape de 18 km seulement, seul village au milieu du desert. Il faudra ensuite faire 24 km pour retrouver la civilisation -obligee de couper ce trajet en deux, car je ne veux pas risquer de me trouver dans l obligation de faire les 42 km, si je ne m arrete pas au premier et unique village existant, faut pas pousser quand meme -
Je serai a Leon le 1 juin et aux environs du 6 ou 7 juin a Ponferrada.
J aurais beaucoup a dire sur "les pelerins", le meilleurs et le pire. Par exemple, je ne comprends toujours pas la raison pour laquelle des 4 heures du matin, une frenesie endiablee s empare de tout le monde -sauf de moi, vous l aurez coimpris, car j ai le reveil laborieux, c est peu de le dire.-
aux aurores nacrees alors qu il fait encore nuit noire, ils s ebrouent tous, font et refont leurs sacs a dos, ouvrent cent fois les fermetures eclair, froissent des sacs en plastique...tout ca pour partir au moins une heure plus tard, en meme temps que moi, au final, qui me leve la derniere; vive le scoutisme qui m a au moins enseigne l art de l organisation d un sac a dos...
Je progresse en espagnol, oui oui oui, ma chere claire ¡ j arrive maintenant a avoir des conversations qui sortent du simple vocabulaire de la bouffe et du dodo et je gagne une solide reputation d interprete qui me fait bien rigoler tout de meme. J ai une cour de Japonais a mes trousses -meme leur anglais est incomprehensible, alors l espagnol...
bref il y a souvent de quoi rire, mais je m apercois que parler la langue du pays ouvre souvent des tas de portes - c est fou le nombre de vieux espagnols qui me serrent dans leurs bras ^^
j aurais des tas de choses a raconter mais je galere trop avec les claviers qwerty alors je vais aller faire dodo
bons baisers a tous