Forte de mes connaissances en matière équine, j'ai assisté, assez impuissante malgré tout, à l'attelage de la bête...
Transformée en ânesse, mon aînée a perdu beaucoup de sa superbe, et j'ai parfois eu beaucoup de mal à me retenir de rire à la voir évoluer comme un brave canasson dans son garage, entre deux armoires des années 30 et des piles de cartons en cours de rangement.
Il m'est venu à l'esprit qu'un bon petit âne comtois pure souche eût été plus commode à manier et surtout beaucoup moins bavard.
Après quelques tentatives pour essayer de rendre la sangle qui rattache ma soeur à son bolide à roulettes, nous avons trouvé urgent d'aller boire un café, en décidant qu'on trouverait sans doute une idée de génie un peu plus tard.
Il semble cependant assez urgent de penser à nous munir de sangles de rechange. Ne serait-ce que pour tracter le monstre quand la ceinture d'origine aura décidé de nous abandonner.
Nous arriverons bien au moins jusqu'à l'Abbaye d'Acey où, je confirme que les moines nous laisseront la jouissance d'une salle, chauffée si il fait froid, pour que nous puissions fêter dignement notre départ
Il ne nous reste plus qu'à partir !