Je me sens obligée de modifier quelque peu les propos de mon estimable soeur...Polyglotte point ne suis, amatrice des papotages guère plus que la politesse ne l'exige...mais je ne vais pas la contrarier dans ses certitudes !
Aujourd'hui, pluie sans interruption pendant 15 km, et pas qu'un peu ! Sous nos ravissantes capettes dont les capuches ne sont efficaces que serrées autour de la tête et rabattues sur le front jusqu'aux yeux, on voit juste devant soi, et tourner le cou pour regarder le paysage relève de l'exploit. En général, toute la flotte accumulée au-dessus du crâne en profite pour s'écouler tranquillement dans le cou.
Et je ne parle pas des godasses qui clapotent dans la boue et des pantalons qui collent aux mollets. Bref, les sorcières du Gévaudan n'ont pas fini de marquer de leur élégante démarche ces chemins du Lot qui doivent être si beaux sous le soleil ! M'enfin, déjà, la pluie est moins froide.
Aujourd'hui est un grand jour : pour la première fois, le gîte est équipé d'une machine à laver et d'un sèche-linge : c'était Alice au Pays des Merveilles. Du coup, tout le contenu des sacs y est passé ou presque. Nous voilà "sèches" au moins jusqu'à demain matin, quand la première pluie de l'aube viendra remettre les choses en ordre
Que dire de plus ? Ah ! Il semblerait que les punaises de lit, qui ont tant préoccupé Martine, soient passées au second rang derrière les punaises de portefeuilles. Finalement, tout est bon à prendre, chez le pèlerin (ou le randonneur). Mais les gîtes municipaux restent abordables. Mais rares !
C'est l'heure du couvre-feu. On se couche comme les poules, et j'ai assez horreur de ça. Il parait que c'est pire en Espagne, et que certains partent avant le jour, avec leurs lampes frontales pour pouvoir être les premiers à l'étape, vers midi..... Heureusement que Martine ne franchira pas la frontière, elle serait capable de commencer sa nuit à une heure de l'après-midi en arrivant et d''engueuler le soleil de la déranger dans son sommeil !
Au moment où j'écris ces lignes, elle vient de s'échouer sur son lit et baille à se décrocher la mâchoire...
au pieu tout le monde, son altesse a sommeil !
Bonne nuitée à tous !
Carte du "camino frances"
http://www.chemins-compostelle.com/Leschemins/Camino%20frances%20carto.html
samedi 21 avril 2012
Toujours Samedi 21, toujours à Limogne, mais après l'apéro
Finalement, avec deux ou trois verres de vin (ou peut-être plus), je comprends pas mal de langues moi aussi... Comme il y a "du réseau", j'en profite pour remercier tous ceux qui nous envoient des encouragements, ceux qui nous plaignent, ceux qui nous envient (Y en a peut-être, va savoir !), et tous les "anonymes" qui nous aiment et qu'on aime...Personnellement, j'arrêterais volontiers cette aventure, surtout quand il pleut et que j'ai mal au pied. Quand il fait moins mauvais, je trouve que j'ai de la chance d'être là.. Chose vraiment TRES étrange, ma soeur ne m'énerve presque pas, et on ne s'est pas encore disputées depuis le départ !! Mais comme elle dit, il suffit de marcher à peine plus vite pour mettre 100 mètres ou plus entre nous, ça calme.
Pendant que je me prépare doucement au sommeil, j'entends la troupe anglo-teutonne qui s'exalte dans la salle commune : c'est fou ce que ces jeunes "tiennent mal" le petit vin local !
Et demain, Sarko passe le premier tour...(je cauchemarde, j'ai trop bu)
Pendant que je me prépare doucement au sommeil, j'entends la troupe anglo-teutonne qui s'exalte dans la salle commune : c'est fou ce que ces jeunes "tiennent mal" le petit vin local !
Et demain, Sarko passe le premier tour...(je cauchemarde, j'ai trop bu)
Samedi 21 avril, à Limogne en Quercy
Ce matin, marche forcée pour cause de ...pluie diluvienne et ininterrompue : pas le moindre abri pour faire la pause, donc nous avons marché sans nous arrêter jusqu'au but, cette petite ville de Limogne (15 kms au moins).
Nous avons traversé un petit bout du parc régional naturel du Quercy, certainement plein de charme, avec beaucoup de murets anciens de pierres sèches, et beaucoup d'arbres (j'ai reconnu quelques chataigniers, et des chênes ? pour les truffes ?). Pas un seul village sur 14 km ! ni même une maison, ni une cabane..donc, pas de pause café, bien sûr.
Il y a ce jour un petit festival écolo à Limogne , j'ai raté la conférence sur les toilettes sèches...
Nous retrouvons au gîte les mêmes personnes, plus ou moins , que les jours précédants. C'est ainsi que c'est un des marcheurs qui a fait nos courses au village pour ce soir (nos chaussures sont mouillées, et lui il semblait avoir besoin d'activité..) : j'espère qu'il va aussi faire la popotte, il a prévu omelette, salade, jambon et yaourts, plus une bonne bouteille de Cahors et de l'apéro ! (5 euros par personne, rien à dire).
Voici la journée-type d'un "pèlerin" (beaucoup de guillemets, car nous rencontrons finalement surtout des randonneurs, heureusement. Quand ils ont des cheveux blancs et tout le matériel "Vieux Campeur", méfiance, ça pèlerinerait plutôt davantage..) :
-lever précoce, vers 7 h, car petit-déjeuner souvent vers 7h30, et encore : certains le réclament encore plus tôt ! Les vrais pèlerins sont dans les starting-blocks aux aurores, 8h maxi. Nous, nous sommes toujours les dernières à partir, mais à 9h maxi nous sommes déjà sur le chemin...jusqu'au premier bar, pour notre premier café-pause du jour. SI il y a un bar ou un troquet !!! car, comble d'horreur, le café-bar-tabac se fait rarissime en France profonde !! il est souvent fermé, ou "à vendre", ou tout simplement disparu.C'est triste.
-marche ensuite, assez longtemps, car c'est le matin qu'on se sent le plus dynamique.Vers 13 ou 14 heures, selon notre faim, nous pique-niquons, sans originalité : pain, jambon ou thon, pas grand'chose car il faut le porter en plus du reste .A ce sujet, nous avons pesé nos sacs dans la gare de Saint-Denis-près-Martel (il y a tout, dans cette gare..): 7.5 kg pour Chantal, 8.5 kg pour moi (c'est peut-être le petit ordinateur qui fait la différence, mais aussi , elle a acheté des choses en raison de leur poids, alors que j'ai pris ce que j'avais dans mes placards).
-On arrive assez tôt aux gîtes, vers 15 ou 16 heures, parfois plus tôt, hier plus tard par exemple. La plupart du temps, dans la matinée, on appelle le gîte pour réserver nos lits, au cas où... Hier, j'étais fatiguée, j'avais décidé que si le gîte n'était pas "trois étoiles", je partais en taxi à l'hôtel de luxe le plus proche , à n'importe quel prix. Mais le gîte était absolument parfait, nous étions seules dans notre chambre, c'était propre, l'eau des douches était bouillante, bref : le rêve, pour 12,50 euros par personne..C'est rare, quand même. Mais ce soir aussi, c'est la classe, c'est chauffé, c'est propre et c'est..10 euros par personne.Et nous sommes seules dans la chambre.Et l'apéro nous attend !
-Après l'arrivée au gîte,après les courses, la toilette, etc.., il faut encore faire sa petite lessive...et trouver où l'étendre, quand on sait que 10 ou 20 personnes lavent toutes leurs sous-vêtements et leurs chaussettes. Voilà pourquoi le chauffage prend chez le pèlerin moyen une si grande importance...
-Ensuite, la soirée n'est pas longue ! le pèlerin moyen copine un peu à table, et se couche à 21 heures au plus. Inutile de dire que si ces horaires me conviennent parfaitement, Chantal frémit d'horreur à l'idée de s'endormir aussi tôt ...Après, le plus dur reste à faire : s'endormir, même si la couverture est trop mince, si le voisin ronfle, si le réverbère éclaire la chambre comme en plein jour, etc..etc.. Mais on s'adapte !
Après plusieurs jours à ce rythme, à mon avis, on fatigue, et on a besoin d'une coupure, ou d'un repos, ou de faire autre chose : deux fois, la "coupure" a consisté en une longue quête pour rapprocher la voiture, c'était moyen. Une autre fois, l'étape à Manen a fait une très heureuse diversion.J'attends avec impatience MOISSAC, où l'on a décidé de rester deux nuits,en partie pour visiter et en partie pour attendre CriCri, une amie de Chantal, qui va venir marcher avec nous quelques jours.
Bon, l'apéro m'attend vraiment , et il va être international : il y a deux canadiennes anglophones (une mère très handicapée physiquement mais qui marche, et sa fille), trois ou quatre allemands (tous : jeunes), et nous, ou plutôt: Chantal, qui en plus d'adorer discuter avec n'importe qui, est quasi polyglotte...(je sens que je vais adorer cette soirée...)
vendredi 20 avril 2012
Samedi 21 avril : réveil à CAJARC
Notre "webmaster" Maxime ne fait plus son travail , la carte n'est pas à jour ! nous avons quitté Conques depuis bien longtemps, et nous sommes maintenant sur le Lot, dans la très jolie petite ville de Cajarc. Il pleut, bien sûr, est-il encore besoin de le préciser ???
Hier, marche marche longue longue sur le Causse : autour de 25 kms, trop pour que ce soit agréable. Nous avons dû nous consoler en allant dans un adorable bar à vin , goûter le vin du pays accompagné de charcuteries locales et délicieuses. Et ce matin, nous n'arrivons pas à décoller du gîte. Pourtant, 18 bons kilomètres nous attendent pour rejoindre Limogne-en-Quercy.
Depuis plusieurs jours, nous sentons enfin le Sud-Ouest : températures plus douces, beaucoup de fleurs, et des vignes, nous sommes très près de Cahors.
La suite ce soir si il y a du réseau, le petit-déjeuner m'appelle.
Hier, marche marche longue longue sur le Causse : autour de 25 kms, trop pour que ce soit agréable. Nous avons dû nous consoler en allant dans un adorable bar à vin , goûter le vin du pays accompagné de charcuteries locales et délicieuses. Et ce matin, nous n'arrivons pas à décoller du gîte. Pourtant, 18 bons kilomètres nous attendent pour rejoindre Limogne-en-Quercy.
Depuis plusieurs jours, nous sentons enfin le Sud-Ouest : températures plus douces, beaucoup de fleurs, et des vignes, nous sommes très près de Cahors.
La suite ce soir si il y a du réseau, le petit-déjeuner m'appelle.
jeudi 19 avril 2012
Vendredi matin 20 avril, autour de FIGEAC
Au gîte la Cassagnole, tenu par ...Jésus en personne (Gomez de son nom)
Nuit blanche pour Chantal et moi, pour cause de ronfleur furieux mais néanmoins sympathique dans notre dortoir...
Réveil plutôt amer, si on repense à la belle étape d'avant-hier à Manen chez Jean-Claude et Marino !
Merci encore à eux, à leurs couettes bien chaudes, et à la "visite" du pays avec JC : le cirque de Floirac, et surtout les aiguillages à l'ancienne de la merveilleuse gare de Saint-Denis-près-Martel ! Nous avons laissé la voiture à Manen, et pris le train jusqu'à Figeac où nous avons retrouvé notre chemin...
Avant d'arriver à Manen, profitant de la voiture, nous avons fait notre petit "pèlerinage" perso et familial à Rocamadour, où nous étions venus il y a bien longtemps : pour être honnête, je dois avouer que je me souvenais surtout de ..notre chambre d'hôtel ! où nous étions sans parents, Chantal, François et moi : nous avions probablement tous moins de 10 ans, quelle fête !
Le site de Rocamadour est quand même vraiment superbe, mais comme l'a dit un gamin devant moi : " Y a pas grand chose à voir , ici !"
Ce matin, départ plutôt morose, sous la pluie, pour une bien longue étape vers Cajarc : c'est plat, mais plus de 20 kms
17, 18, 19 avril...
Bigre...3 jours sont passés sans que je m'en aperçoive...
Je me souviens tout de même très bien avoir marché UNE journée sous le soleil. Du moins, jusqu'à l'arrivée à Conques, en début d'après midi. Enfin, il ne faut rien exagérer : ça s'est évidemment gâté vers 17 heures pour se terminer par l'inévitable trio flotte-glagla-vent furieux...
Le gîte de l'abbaye est superbe, et l'accueil chaleureux. On est juste...16 dans le dortoir, avec une majorité de ronfleurs du sexe masculin (ça ronfle plus fort qu'au féminin, je peux maintenant le certifier). Et avant l'aube, branle-bas de combat, tout ce beau monde s'ébroue alors que j'ai l'impression de venir juste de fermer l'oeil.
Humeur au diapason avec le ciel : entre le gris très sombre et le violet.
Je m'ébroue la dernière (comme d'habitude) et je décide de ne pas prendre le chemin de terre qui quitte Conques à cause de la pluie qui n'a pas cessé de toute la nuit. D'après le profil, aussi raide -mais en montant !- que celui de l'arrivée, je me méfie de la patinoire que ça va être quand la vingtaine de pouilleux que nous sommes aura enfoncé les godillots dans la boue. Je décide donc de suivre la vallée en direction de Decazeville : je ne le regrette pas, c'était superbe, même sous la pluie. Et entre nous, à moins d'être tombés sur la tête, les pèlerins ne devaient sans doute pas se taper le GR 65 qui crapahute dans la montagne, mais suivre bien peinardement le chemin qui longe la rivière..mais bon, faut pas le dire aux puristes..
Retrouvailles avec Martine et sa confortable petite voiture blanche à une dizaine de km de Decazeville, et nous voilà parties loin, loin du chemin : vers Rocamadour. Nous avons toutes les deux gardé le souvenir d'un voyage familial dans nos jeunes années avec, au programme paternel-pour l'édification de sa nombreuse progéniture- : Lascaux, Padirac, Rocamadour, Cordes...etc etc..Il faut croire qu'il nous a bien édifiées, puisque nous avions l'une et l'autre envie de revoir ce village
Nous avons même sacrifié au ridicule le plus abouti : du parking nous avons pris le p'tit train touristique pour grimper les 200 mètres de côte qui conduisent aux portes de la ville...
Et puis nous sommes allées chez des amis de Martine, qui vivent hors du temps, sur le Causse, dans un environnement magnifique et paisible. Soirée très agréable "en famille", autour d'une bonne popote. Y a pas à dire, ça ravigote sérieusement, et cerise sur le gâteau : pour une fois depuis quelques temps, il y avait des grosses couettes sur les lits, et pas une maigrelette petite couverture toute râpée sous laquelle on grelote. Merci Marino et Jean-Claude !!! (en attendant que le méchant-pas-beau gaz de schiste nous réchauffe, on a savouré le feu de bois !!)
Et au matin, retour à Figeac par le train, on a remis les godasses aux pieds, repris les bâtons mais surtout, remis nos grosses capes verts "feldgrau" de sorcières du Gevaudan pour repartir sur le chemin. Pour quelques petits kilomètres qui nous ont surtout fait traverser une zone industrielle vraiment pas terrible avant de retrouver enfin la campagne. Nouveau gîte, où nous avons rencontré Jésus.Même Martine, Hé oui... Enfin,c'est le prénom de l'heureux propriétaire, hein...
Elle qui ne croit ni en Dieu, ni aux bienfaits de l'arnica, ni aux ostéopathes, a donc dans la même journée rencontré Jésus, et imploré pour que je lui tire sur les orteils de son autre pied qui lui fait mal maintenant, à la façon de celui qui lui a remis son entorses d'aplomb....
Demain on va à Cajarc. 24 km, je crois. Mais sur le plateau, sans gros dénivelés. Le couvre-feu étant à 21h30, je crois que je vais me faire rappeler à l'ordre par la femme de Jesus ou par Jésus lui-même. A défaut, par mes compagnons de chambrée, qui doivent déjà dormir....Où sont les longues parties de cartes ?? ça me manque un peu, ça ! une petite misère ! une petite dame de pique !
vais me coucher...bizavous !
Je me souviens tout de même très bien avoir marché UNE journée sous le soleil. Du moins, jusqu'à l'arrivée à Conques, en début d'après midi. Enfin, il ne faut rien exagérer : ça s'est évidemment gâté vers 17 heures pour se terminer par l'inévitable trio flotte-glagla-vent furieux...
Le gîte de l'abbaye est superbe, et l'accueil chaleureux. On est juste...16 dans le dortoir, avec une majorité de ronfleurs du sexe masculin (ça ronfle plus fort qu'au féminin, je peux maintenant le certifier). Et avant l'aube, branle-bas de combat, tout ce beau monde s'ébroue alors que j'ai l'impression de venir juste de fermer l'oeil.
Humeur au diapason avec le ciel : entre le gris très sombre et le violet.
Je m'ébroue la dernière (comme d'habitude) et je décide de ne pas prendre le chemin de terre qui quitte Conques à cause de la pluie qui n'a pas cessé de toute la nuit. D'après le profil, aussi raide -mais en montant !- que celui de l'arrivée, je me méfie de la patinoire que ça va être quand la vingtaine de pouilleux que nous sommes aura enfoncé les godillots dans la boue. Je décide donc de suivre la vallée en direction de Decazeville : je ne le regrette pas, c'était superbe, même sous la pluie. Et entre nous, à moins d'être tombés sur la tête, les pèlerins ne devaient sans doute pas se taper le GR 65 qui crapahute dans la montagne, mais suivre bien peinardement le chemin qui longe la rivière..mais bon, faut pas le dire aux puristes..
Retrouvailles avec Martine et sa confortable petite voiture blanche à une dizaine de km de Decazeville, et nous voilà parties loin, loin du chemin : vers Rocamadour. Nous avons toutes les deux gardé le souvenir d'un voyage familial dans nos jeunes années avec, au programme paternel-pour l'édification de sa nombreuse progéniture- : Lascaux, Padirac, Rocamadour, Cordes...etc etc..Il faut croire qu'il nous a bien édifiées, puisque nous avions l'une et l'autre envie de revoir ce village
Nous avons même sacrifié au ridicule le plus abouti : du parking nous avons pris le p'tit train touristique pour grimper les 200 mètres de côte qui conduisent aux portes de la ville...
Et puis nous sommes allées chez des amis de Martine, qui vivent hors du temps, sur le Causse, dans un environnement magnifique et paisible. Soirée très agréable "en famille", autour d'une bonne popote. Y a pas à dire, ça ravigote sérieusement, et cerise sur le gâteau : pour une fois depuis quelques temps, il y avait des grosses couettes sur les lits, et pas une maigrelette petite couverture toute râpée sous laquelle on grelote. Merci Marino et Jean-Claude !!! (en attendant que le méchant-pas-beau gaz de schiste nous réchauffe, on a savouré le feu de bois !!)
Et au matin, retour à Figeac par le train, on a remis les godasses aux pieds, repris les bâtons mais surtout, remis nos grosses capes verts "feldgrau" de sorcières du Gevaudan pour repartir sur le chemin. Pour quelques petits kilomètres qui nous ont surtout fait traverser une zone industrielle vraiment pas terrible avant de retrouver enfin la campagne. Nouveau gîte, où nous avons rencontré Jésus.Même Martine, Hé oui... Enfin,c'est le prénom de l'heureux propriétaire, hein...
Elle qui ne croit ni en Dieu, ni aux bienfaits de l'arnica, ni aux ostéopathes, a donc dans la même journée rencontré Jésus, et imploré pour que je lui tire sur les orteils de son autre pied qui lui fait mal maintenant, à la façon de celui qui lui a remis son entorses d'aplomb....
Demain on va à Cajarc. 24 km, je crois. Mais sur le plateau, sans gros dénivelés. Le couvre-feu étant à 21h30, je crois que je vais me faire rappeler à l'ordre par la femme de Jesus ou par Jésus lui-même. A défaut, par mes compagnons de chambrée, qui doivent déjà dormir....Où sont les longues parties de cartes ?? ça me manque un peu, ça ! une petite misère ! une petite dame de pique !
vais me coucher...bizavous !
Jeudi 19 avril : nous sommes entre Figeac et Cajarc
Je viens de taper au moins vingt lignes, effacées par erreur ! Dommage, je résumais au moins trois jours d'errances diverses et sympathiques, dont un passage très agréable à Manen, chez Marino et Jean-Claude hier (avec enfin une nuit tranquille et avec des couettes chaudes !!)
En attendant de retrouver ma prose, je laisse la place et je vais me coucher !
En attendant de retrouver ma prose, je laisse la place et je vais me coucher !
PROGRAMME approximatif....
Programme approximatif du 20 avril au 1/5 :
Vendredi 20 : Figeac (Faycelles)- Cajarc (20 kms)
Samedi 21 : Cajarc-Limogne en Quercy (18 kms)
Dimanche 22 : Limogne en Quercy - Mas-de-vers (21 kms)
Lundi 23 : Mas-de-Vers à Trigodina (environ 18 kms ?) (Mac arrivant de Cahors a environ 12 kms à faire pour rejoindre Trigodina)
Mardi 24 : Trigodina-Montcuq (18 kms)
Mercredi 25 : Montcuq- Lauzerte (14 kms)
Jeudi 26 : Lauzerte -La Bayssade (14 kms environ) (Miam-miam-dodo plan 48)
vendredi 27 : La Bayssade - Moissac (pas beaucoup)
samedi 28 : Moissac encore (on attend Cri-Cri)
dimanche 29 : Moissac -Auvillar (20 kms le long du canal: plats)
Lundi 30 et mardi 1/5 : Auvillar - Lectoure (30 kms en deux étapes à définir)
mercredi 18 avril 2012
Mardi 17 avril, nuit
Nuit de mardi à mercredi
Impossible de dormir, alors que je suis seule dans une confortable,sinon jolie, "chambre d'hôte", perdue au milieu de rien (j'ai dû me tromper de route à un moment car je ne suis même plus sur la route entre Le Puy et Mende).
J'ai voulu quitter le Puy ce soir pour retrouver au plus vite Chantal qui se trouve seule à l'abbaye de Conques, et m'en a fait une description terrifiante : c'est exactement ce que je craignais, une réplique de ce que nous avons déja vécu au Puy...
Cet après-midi,j'ai traversé avec la Malle Postale tout l'Aubrac et la Margeride et le Gévaudan, tous sous la neige et LE SOLEIL !!! En fait, depuis notre départ du Puy, il n'a pas fait beau un seul jour. Et les paysages sont dix fois plus beaux et attrayants sous le soleil. La ballade en voiture était malgré tout interminable (4 heures) : 220 kms de routes en lacets, on se serait cru en Corse (et même pas mal au coeur ) . Difficile de croire qu'on a fait tout ça à pied , jen suis moi-même sidérée !
Reprendre la voiture , faire quelques achats : drôle d'impression , je me sentais complètement déphasée.
On m'a conseillé au Puy de rejoindre Conques en passant plutôt par Mende et Rodez, car les routes seraient meilleures en cas de chutes de neige cette nuit : il est vrai qu'il y a encore de gros amas de neige de chaque côté de la chaussée, je suis contente d'avoir encore mes quatre pneus "hiver" . J'avoue que je ne croyais pas du tout avoir à affronter ce genre d'intempérie !! vivement qu'on ait un peu de temps chaud : enfin quoi, on arrive dans le SUD !!
Programme assez flou pour les prochains jours , car me revoilà avec la voiture, qu'il va encore falloir poser quelque part, à un endroit accessible par train ou bus (Figeac ?). On va aussi peut-être en profiter pour faire une petite pause touristique par ici, car il y a plein de belles choses à voir hors "chemin de Compostelle". Mais tout dépend de Chantal, qui a encore un bon paquet de route à faire (1350 kms environ si je ne me trompe).Pour ma part, ça ne me dérangerait pas de continuer en voiture , je l'avoue (eu trop froid ces derniers jours).
lundi 16 avril 2012
Estaing-Golhinac, 16 avril
Petite étape d'à peu près 16 km, avec quelques rudes montées dans des sentiers étroits et quelques descentes pas trop pénibles -par rapport aux jours précédents, où il y avait de quoi se rompre le cou dans des chemins devenus lits de ruisseaux bien glissants- Mais sapristi, quelle froidure !!! Mêmes les arrêts "techniques" derrière les buissons se sont fait plus que rares.
On a passé la plus grande partie du trajet à espérer atteindre un endroit habité, genre un village, ou même un petit hameau, où par miracle il y aurait quelque chose qui ressemble à un café. Histoire de se réchauffer un peu et trouver de quoi manger, mais non..c'est aussi désertique que l'Aubrac, mais en plus vert....Il a fallu se contenter de vieilles barres-repas qui traînaient dans mon sac depuis plus d'un mois. Martine a bien ronchonné en décidant qu'elle avait absolument horreur de ces trucs là, il n'empêche qu'elle a bel et bien fermé les yeux et ouvert le bec !
On a longé le Lot pendant une ou deux heures avant de le quitter pour grimper jusqu'au sommet de je ne sais quelle colline et arriver sur un plateau (Quercy ?) où le vent a failli avoir raison de nos doigts gelés. Et je ne parle pas des nez couleur aubergine, ni des oreilles...Une chance si on revient avec ces appendices en bon état ! On a malgré tout eu de la chance d'avoir déjà traversé l'Aubrac, parce que ceux qui étaient derrière nous se sont retrouvés dans la neige, parait-il...
Mais comme on sait que personne ne viendra nous chercher, on n'a pas autre chose à faire que mettre un pied devant l'autre. On s'affale simplement à l'arrivée, en cherchant un coin de radiateur un peu chaud. C'est pas toujours le cas, surtout ces derniers jours, où même les salles de douches ne sont pas chauffées. Dur !
Demain, une vingtaine de km (moins 4° annoncé) pour rejoindre Conques...l'arrivée par le chemin de St Jacques est parait-il spectaculaire et le dénivelé aussi...Je serai seule, puisque Martine va se cogner 4 ou 5 heures de "malle postale" pour aller rechercher sa voiture au Puy et la même chose pour revenir vers Figeac...Journée bien remplie pour l'une comme pour l'autre. En prévision, ma soeur chérie a illico décidé de ne pas déroger à ses habitudes : elle dort déjà du sommeil du juste. Je vais tenter de faire pareil.
On a passé la plus grande partie du trajet à espérer atteindre un endroit habité, genre un village, ou même un petit hameau, où par miracle il y aurait quelque chose qui ressemble à un café. Histoire de se réchauffer un peu et trouver de quoi manger, mais non..c'est aussi désertique que l'Aubrac, mais en plus vert....Il a fallu se contenter de vieilles barres-repas qui traînaient dans mon sac depuis plus d'un mois. Martine a bien ronchonné en décidant qu'elle avait absolument horreur de ces trucs là, il n'empêche qu'elle a bel et bien fermé les yeux et ouvert le bec !
On a longé le Lot pendant une ou deux heures avant de le quitter pour grimper jusqu'au sommet de je ne sais quelle colline et arriver sur un plateau (Quercy ?) où le vent a failli avoir raison de nos doigts gelés. Et je ne parle pas des nez couleur aubergine, ni des oreilles...Une chance si on revient avec ces appendices en bon état ! On a malgré tout eu de la chance d'avoir déjà traversé l'Aubrac, parce que ceux qui étaient derrière nous se sont retrouvés dans la neige, parait-il...
Mais comme on sait que personne ne viendra nous chercher, on n'a pas autre chose à faire que mettre un pied devant l'autre. On s'affale simplement à l'arrivée, en cherchant un coin de radiateur un peu chaud. C'est pas toujours le cas, surtout ces derniers jours, où même les salles de douches ne sont pas chauffées. Dur !
Demain, une vingtaine de km (moins 4° annoncé) pour rejoindre Conques...l'arrivée par le chemin de St Jacques est parait-il spectaculaire et le dénivelé aussi...Je serai seule, puisque Martine va se cogner 4 ou 5 heures de "malle postale" pour aller rechercher sa voiture au Puy et la même chose pour revenir vers Figeac...Journée bien remplie pour l'une comme pour l'autre. En prévision, ma soeur chérie a illico décidé de ne pas déroger à ses habitudes : elle dort déjà du sommeil du juste. Je vais tenter de faire pareil.
Lundi 16 avril, à GOLINHAC
Journée éprouvante à cause du froid vraiment intense qui a sévi toute la journée. Ajoutons à cela une mauvaise nuit pour cause de non-chauffage du dortoir, bref ce soir nous sommes complètement dépitées.Mais notre chambre est bien chaude. La météo annoncerait des températures négatives pour demain !
La ballade d'aujourd'hui était certainement belle, mais nous avons avancé sans lever le nez à cause du vent. Pique-niquer : pas question, d'une part il faisait trop froid, d'autre part, nous n'avions rien à manger (le lundi tout est fermé), sauf les infâmes barres-repas au chocolat que Chantal transporte depuis le départ, et qui ont enfin rempli leur rôle d' "en-cas" ( mais zéro plaisir).
Je profite de ce très mauvais temps pour aller chercher ma voiture au Puy (avec la Malle Postale, j'adore ce nom), en abandonnant Chantal qui ira à Conques toute seule à pied ! Conques ne me manquera pas, j'y suis déjà allée plusieurs fois, c'est joli mais, depuis Le Puy, je crains ces villes "pèlerines", leurs gîtes et surtout leur fréquentation...
Maintenant nous devons traverser le camping pour aller au snack, j'en frémis d'avance.
La ballade d'aujourd'hui était certainement belle, mais nous avons avancé sans lever le nez à cause du vent. Pique-niquer : pas question, d'une part il faisait trop froid, d'autre part, nous n'avions rien à manger (le lundi tout est fermé), sauf les infâmes barres-repas au chocolat que Chantal transporte depuis le départ, et qui ont enfin rempli leur rôle d' "en-cas" ( mais zéro plaisir).
Je profite de ce très mauvais temps pour aller chercher ma voiture au Puy (avec la Malle Postale, j'adore ce nom), en abandonnant Chantal qui ira à Conques toute seule à pied ! Conques ne me manquera pas, j'y suis déjà allée plusieurs fois, c'est joli mais, depuis Le Puy, je crains ces villes "pèlerines", leurs gîtes et surtout leur fréquentation...
Maintenant nous devons traverser le camping pour aller au snack, j'en frémis d'avance.
Prévisions pour la semaine (susceptibles de changements)
Ce soir lundi 16, nous sommes à Golinhac.
Demain mardi 17 : Chantal va jusqu'à Conques (plus de 24 kms) tandis que je prends "la Malle Postale" pour aller au Puy chercher ma voiture avant d'être trop loin : il faut déjà 4 à 5 heures pour traverser l'Aubrac ( un peu plus si il y a encore de la neige comme ce matin, où il y avait 30 cm au Sauvage selon la dame de la Malle)
Mercredi 18 : je retrouve Chantal sur le chemin entre Conques et Decazeville, on trouve un nouvel "hébergement " pour ma voiture, et on repart.
Jeudi : entre Decazeville et Figeac
Vendredi : Figeac, en principe. Ensuite, on verra.
dimanche 15 avril 2012
DIMANCHE 15 AVRIL: à ESTAING
Nous sommes dans la vallée du Lot, depuis hier. Pluie, pluie et encore pluie, avec des rafales de vent glaçé, dommage.
Après notre nuit de luxe au monastère, nous avons eu du mal à quitter le ravissant village de St-Côme d'Olt : vieilles ruelles, toits de lauzes, église au clocher tors très étrange (malgré le cours d'histoire de l'art que m'a fait Chantal, je persiste à penser que le charpentier du clocher a mal pris ses mesures au départ, et qu'il a dû tricher un peu avec les verticales...) . En tous cas, le résultat est bizarre , pas spécialement joli.
Nous avons ensuite pris ... le goudron, pour rejoindre Espalion, car la route indiquait 4 km, alors que le sacro-saint chemin en annonçait 6 ...Et nous sommes arrivées en pleine foire annuelle à Espalion (genre foire de Ste-Catherine à Vesoul, pour les connaisseurs). Il y avait six vaches pas spécialement belles (cornes sciées) et un malheureux cheval, mais hélas pour moi, c'était un comtois, et j'ai dû attendre ma soeur pendant la demi-heure où elle a "causé canasson" avec le propriétaire.J'en ai profité pour m'instruire sur l'élevage des faisans et admirer une construction (?) en brique de lait, fabriquée probablement par des élèves de première année de Maternelle, et dont je n'ai pas su décrypter le message... On a bu un café et mangé un gâteau pour que les élèves du collège puisse partir en classe de je-ne-sais-même-plus-quoi-ni-où, on a admiré une superbe collection de vieux tracteurs (photos), et on a repris la route.J'ai oublié de dire qu'Espalion est aussi une bourgade ravissante, dotée d'un pont roman de toute élégance sur la rivière Lot...Il nous faut aussi avouer qu'en prenant la route au lieu du chemin on a raté une chapelle classée au Patrimoine Mondial de l'Unesco, l'église de Perse.
Le reste de l'étape était , comment dire ? boueux et mouillé , pour cause de pluie sur des chemins de terre éventuellement utilisés aussi par l'eau de ruissellement...avec quand même une petite merveille, l'église de St-Pierre Boussuejouls, qui a une "chapelle aérienne": petite chapelle tout en haut du clocher, où l'on accède par un escalier dans l'épaisseur des murs, tellement étroit que Chantal, qui avait eu la flemme d'ôter son sac, a failli rester coincée dans un virage...
L'arrivée sur Estaing était interminable et barbante, mais l'arrivée sur le village, inattendue, est tout à fait spectaculaire, avec un imposant château perché en plein milieu du village, et un pont démesuré, à quatre arches, sur le Lot.
Et maintenant, on se les gèle car c'est bien joli de faire un gîte dans une ancienne chapelle, mais ce serait tellement mieux avec quelques radiateurs, surtout après la journée humide qu'on vient de vivre .Et là, je regrette la réticence de Chantal à faire un peu chauffer ma carte dorée pour un hôtel un peu étoilé mais surtout chauffé...
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