Carte du "camino frances"

http://www.chemins-compostelle.com/Leschemins/Camino%20frances%20carto.html

samedi 7 avril 2012

Pour visiteurs éventuels


PROGRAMME APPROXIMATIF de notre semaine du dimanche 8 au dimanche 15 avril

dimanche 8 : Saugues- Le Sauvage (19km)
lundi 9 : Le Sauvage- St Alban sur Limagnole (14 km)
mardi 10  : St-Alban - Aumont Aubrac (14 km)
mercredi 11 : Aumont Aubrac - les Gentianes (Prinsuejols) (15.5 km)
jeudi 12 : les Gentianes - Aubrac (20 km)
vendredi 13 : Aubrac - St Chely d' Aubrac (8 km, mais aligot à Aubrac..)
samedi 14 : St-Chely d'Aubrac - St Côme d'Olt (17,5 km)
dimanche 15 : repos + copains nous déposent à Estaing ?...

(N.B : aligot à La Domerie d' Aubrac ou à la Bastide à Nasbinals -source Patrick, enfant du pays)

Suite ...(j'ai oublié de dire quelque chose )

Hier soir au gite il y avait un type de ...PLANCHER-BAS !!! ou du moins sa grand'mère y vivait, et lui y va très souvent (il vit à Marseille). Sa femme et lui portent aux nues le bon docteur Klingler (Jean-Marie), qui a su diagnostiquer une maladie pas possible, que je sais même pas ce que c'est..Bien sûr, ils connaissent aussi de nom tout le reste de la famille K..Je n'ai pas eu l'idée de leur demander leur nom ! mais le monsieur dit que c'est lui qui va faire une paella pour tout Plancher-Bas le 14 juillet:  ça te dit quelque chose, Fernande ? (au fait, ton petit ruban rose a déjà fait le quart de son chemin vers Santiago.. Ultréia !!)

VENDREDI 6 ET SAMEDI 7 AVRIL



VENDREDI 6 AVRIL : Le Puy en Velay-St Privat d'Allier (environ 23 kms)
Des "visiteurs", ou plutôt, des accompagnateurs merveilleux : Sylvie et Jean-Baptiste sont venus presque exprès depuis Bourganeuf pour porter mon sac ! En prime, ils ont pris les averses glacées sur le dos, ont dû violer une propriété privée pour qu'on mange (et boive ) à l'abri du hangar de monsieur Michel A..., maçon de son état, et bienfaiteur des randonneurs mouillés !! Nous les avons laissé au "lac de l'oeuf", ils sont repartis faire la fiesta en famille à Aubenas, et nous, pauvres pélerines trempées, sommes arrivées bien tardivement dans le joli village de St-Privat, qui n'a que le défaut, très grave trouvions-nous hier soir,de se trouver au fin fond d'une vallée très encaissée : chemin TRES "casse-chevilles et casse-genoux"! heureusement, ça n'était pas mouillé.
Gîte correct, mais depuis Le Puy, on sent que le pélerin devient la bonne affaire du gars du coin...Pas vraiment d'arnaque, mais pas loin.
Que je regrette la bonne et brave solitude des étapes avant le Puy ! J'ai pu vérifier ce que je pensais : ce qui plaît tant à nombreux pélerins, c'est cette illusion de "youkaïdi-youkaïda, on est tous très camarades, qu'est-ce qu'on s'amuse ensemble,etc, etc..". Je soupçonne leur vie habituelle d'être fort peu drôle, et leur vie sociale réduite à pas grand chose, pour s'exciter à ce point sur ces rencontres d'un soir (même si certaines sont agréables).
En tous cas, pour l'instant,et pour moi, la "magie du Chemin" ne fonctionne pas (tais-toi, Sonia, je t'entends jusqu'ici !). Et pour Chantal, pareil . Mais elle est plus aimable que moi, elle discute avec les autres et semble jouer le jeu.

CE MATIN SAMEDI 7 AVRIL

Départ plutôt matinal, et même super matinal, vu que le petit-déj, c'était 7h30 pour tout le monde... Donc, nous voilà  parties, toute cape dehors car temps menaçant (et frisquet, pour ne pas dire plus).
Montée agréable jusqu'au hameau de Rochegude, et sa magnifique petite chapelle St-Jacques, toute petite, posée sur son rocher au bord du vide : vue absolument splendide sur toute la haute vallée de l'Allier et sur les hauts de la Margeride.Les pélerins d'autrefois s'arrêtaient là pour une prière, et je les comprends (ça m'arrive!).
Descente assez acrobatique sur un chemin magnifique jusqu'à ...la rencontre avec un ami de Chantal, Patrick, qui est "du coin", et qui nous a raconté plein de jolies choses sur cette région.Mais...il n'a pas fait que ça !!! il nous a aussi emmenées en voiture (oui !!!) jusqu'au sommet d'une effroyable montée (dénivelé 600 m), je suis sûre qu'elle m'aurait achevée. Il tombait une pluie absolument glacée, d'ailleurs entre pluie et neige, et je n'ai jamais autant aimé une voiture, chauffée en plus . MERCI merci et encore merci à toi, Patrick ! reviens quand tu veux !

Le reste du chemin était presque plat, au milieu des nuages, et sous la pluie: on se serait cru à P.C.D en Franche-Comté, et même à Ornans une certaine année... Chantal sous sa cape était la Nouvelle Bête du Gévaudan. Paysages somptueux et sauvages ! On a vu une vraie bête non identifiée, au début j'ai cru que c'était un chien : c'était noir avec un peu de blanc sur le dos, avec une grosse queue très touffue blanche, et ça avait comme un "masque de Zorro "(blaireau ? mais est-ce aussi gros que ça ? si quelqu'un reconnait cette bête, merci de nous renseigner). En tous cas, ça n'avait pas peur de nous, ça a traversé un champ sous notre nez sans s'émouvoir le moins du monde.
Ce soir, pour changer, il n'y a pas de réseau, ni téléphone ni internet... Le blog n'a pas fini de prendre du retard. Nous sommes à SAUGUES, pays de la Bête du Gévaudan (la vraie, pas Chantal), dans un gite communal ma foi assez agréable et pas cher, où nous sommes seules , pour l'instant (chic). Chantal, qui décidément fait un vrai pélerinage, est partie à l'église St-Médard (pas étonnant qu'il pleuve tant) pour avoir un joli tampon sur sa carte de pélerine.
  A mon avis elle a oublié qu'on est samedi saint, et elle est bonne pour "faire ses Pâques"..
A Saugues, il y a la Sainte Trilogie du Pélerin : un Crédit Agricole (retrait de sous), une Poste (pour renvoyer le trop plein de bagages) et un Petit Casino...
Nous attendons la "dame du gîte" pour avoir un lit...La suite : demain !

jeudi 5 avril 2012

Jeudi 5 avril, retour brutal à la civilisation


5 avril, retour brutal à la civilisation (Chantal)
Après une arrivée qu'on peut tout à fait légitimement qualifier de triomphale dans la jolie petite bourgade du Puy en Velay, nous avons passé notre première nuit en collectivité. Type internat dans les années 30. Dortoirs, extinction des feux à 21 heures, fermeture des portes à 22 heures, réveil-matin à 6 heures, petit déjeuner à 6h30....sans oublier  la "mise en commun du repas du soir", la veille : Martine et moi avons mis en commun, oui. C'est à dire qu'en fait, nous avons nourri allègrement avec nos maigres réserves tous les pèlerins qui se mettaient autour de la table, vu qu'aucun n'avait eu l'idée (l'envie ?) de faire des emplettes à part nous !
On ne nous y reprendra plus, promis juré !
Je fus la dernière réveillée, la dernière levée, et la dernière partie. Le matin, j'aime qu'on me foute la paix, et ce ne sont pas les youkaïdi-Youkaïda des pèlerins fraîchement arrivés en voiture au Puy pour 15 jours de marche dans l'Aubrac qui allaient perturber ma légendaire mauvaise humeur du réveil à l'aube. Pas lavée, pas coiffée, j'ai avallé un café  à toute vitesse avant d'escalader les 150 marches qui conduisent à la cathédrale pour assister  à  la bénédiction des pèlerins
Nous avons tourné le dos au chemin de Compostelle pour aller prendre le train de Saint-Etienne : la pause de la semaine consiste donc à aller récupérer la voiture à Montbrison et revenir au Puy pour la mettre à l'abri dans un parking gardé (Martine craint qu'on ne lui fracasse ses portières pour s'emparer de "son précieux" : Mister Troll X !)
Le petit voyage entre le Puy et Montbrison via Saint-Etienne va nous occuper une demi-journée. C'est presque aussi rapide qu'à pied !  C'est pas beau, le modernisme ? Mais ne raillons pas la SNCF : ils ont une salle d'attente chauffée, et on repose nos orteils éplorés par tant de km sur les chemins. Et puis Martine a besoin d'une 6° paire de chaussures, et tant qu'elle y est, d'une paire de tongs, ce qui fera 7 depuis le départ. De mémoire de mes nombreuses lectures sur le pélérinage de Compostelle, aucun pèlerin n'aura éclusé autant de godasses qu'elle. Je la proposerai pour le livre des records dès mon retour.


P.S.
En gare de St-Etienne, en attendant le train pour Montbrison

Délicieux dialogue entre deux personnes âgées en salle d'attente : elles parlent avec conviction de leurs " Cartes Seigneur" (du moins c'est ce que j'entends...suis-je déjà tellement contaminée par l'ambiance ?)

Jeudi 5 avril : mauvaise humeur


Jeudi 5 avril : Le Puy en Velay
Nous venons de passer notre première abominable nuit de vraies pélerines ! dortoir plein, extinction des feux à 21 h (tout le monde dormait , sauf nous, même pas encore déshabillées, ni lavées, ni installées : tout ça dans le noir..).Je n'ai quasiment pas fermé l'oeil, d'où humeur morose ce matin," raccord" avec la météo.
 Le bouquet, c'était ce matin : tout le monde debout à 6h, car petit-déjeuner entre 6h30 et 7h30, puis stop !!! en plus, il y avait bénédiction à la cathédrale à 7h : seulement une japonaise paumée et moi y avons échappé,moi car j'avais perdu un verre de contact !! le bouquet final..mais j'ai retrouvé ma lentille par terre au milieu du dortoir (miracle ????).
Chantal, n'écoutant que son courage, n'a avalé que son café , pour rapporter de sa bénédiction une ravissante médaille "offerte" par le curé (qui a quand même précisé qu'il y avait un tronc..)
Maintenant, nous sommes dans le train , du Puy à Saint-Etienne, puis de Saint-Etienne à Montbrison (75 kms de route, deux changements,4 heures de voyage) pour aller chercher ma voiture que je crains de laisser trop longtemps sur un parking en gare de Montbrison, et que je ramènerai au Puy dans un parking vaguement surveillé. C'est qu'elle contient mon fameux Trollix !!! j'ai fini par m'y attacher, maintenant que je sais ne pas avoir à le promener..
Ce soir, nous devrons envisager une nouvelle nuit au Puy en Velay, pour attaquer l'Aubrac dès demain : mais pas question de retourner dans notre dortoir.
En ce moment le train traverse une région absolument magnifique (Retournac, Voray,..), mais tourmentée à souhait : c'est là que passe le GR3 qui est une variante possible à la voie Bollène que nous avons heureusement choisie . Le "saint François" retrouvé hier soir au Puy a choisi cette voie, et nous a confié qu'il  y avait ENFIN souffert physiquement...

mardi 3 avril 2012

Mardi 3 avril : Le Cros (à 20 kms du Puy)




Etape vraiment très difficile pour moi : mes super-chaussures, avec lesquelles je n'ai jamais eu la moindre ampoule pendant 3 ans (au moins) de collaboration, m'ont définitivement trahie..c'est probablement à cause de la semelle que j'ai pourtant fait faire spécialement par un podologue pour la marche (et pour la modique somme de cent euros). Notre grand'mère avait donc bien raison : "le trop bien est l'ennemi du bien".
Résultat :  je dois absolument acheter demain d'autres chaussures, ou je renonce à mes 4° et 5° orteils droits..
Etape très longue (environ 2O kms), mais toujours sur cette "via bolena", à la fois superbe et bien tracée. Et cet après-midi, nous avons utilisé nos houppelandes ! : avec le sac sur le dos qui fait une grosse bosse,les cheveux dressés sur le crâne par le vent, ma soeur avait tout d'une sorcière sur la lande, chevauchant ses bâtons de randonnée . Et qu'est-ce qu'il faisait froid! on était entre 900 et 1000 m d'altitude, sur ce beau plateau du Forez. On a pique-niqué juste avant la pluie, qui n'a cependant pas duré. Mais le ciel reste lourd et gris.
Zéro voiture, zéro touriste et zéro habitant ! mais où se cachent-ils ??

Ce soir, nous retrouvons un gîte charmant , et chauffé ( contrairement à celui d'hier qui évoquait une très vieille colonie de vacances pour enfants de quartiers défavorisés).
Nous retrouvons également le pélerin alsacien qui était déjà avec nous hier soir, avec qui Chantal tchatche abondamment, et qui est tout à fait charmant et bien élevé. Il a fait l'étape à peu près deux fois plus vite que nous !

Il nous reste environ 20 kms pour rejoindre Le Puy : ça n'effraie pas Chantal qui s'entraîne depuis trois semaines, mais moi, si , surtout avec mes orteils douloureux. Il est fort possible que je trouve un car jusqu'au Décathlon le plus proche, il paraît qu'on entre dans Le Puy par...une zone commerciale !!! ça, c'est pure horreur quand on vient de traverser le Forez et qu'on a croisé au moins cinq véhicules dont quatre tracteurs en plusieurs jours.

Repas avec nos hébergeurs à 19h30 et puis : dodo !
On a une chambre sympathique, juste en face de notre salle de bains (équipée "handicapés", ce qui est vraiment une bonne chose ce soir )

lundi 2 avril 2012

Toujours lundi, toujours à St-Georges-Lagricol, par la soeur qui marche AUSSI

En fait, j'adore écrire ce nom de village, rempli de fautes d'orthographe.Mais il faut bien avouer que c'est absolument la seule originalité du lieu .
Ce soir, la météo change, il a plu quelques gouttes, et il paraît qu'il va pleuvoir demain et mercredi : pas de bol, ce sont deux étapes de vingt bornes chacune (si on veut arriver au Puy mercredi).Je crains pour mes orteils, les deux derniers à droite avaient doublé de volume ce soir au sortir des chausses.
La prochaine étape , c'est "Le Cros" : je ne suis même pas sûre que ça soit sur les cartes...
Bonne nuit !


2 avril, à Saint Georges Lagricol

On grelote !!
Après une belle journée dans les chemins millénaires -j'ai eu une pensée émue pour les arpenteurs romains, ces chers hommes qui traçaient des chemins droits pavés de belles pierres et avaient compris que le plus court chemin reste tout de même la ligne droite...ce qui ne semble décidément pas être acquis pour tout le monde, je ne vise personne- nous avons posé nos sacs dans un charmant village pas tout à fait désert mais presque, comme d'habitude. Très belle église, avec un clocher-porche et des tas de vestiges gallo-romains comme on les aime.
Gîte plutôt  médiocre...Gigantesque bâtisse jadis occupée par des nonnes (ça devait être propre à cette époque là, mais ce n'est plus le cas...)Les WC et la douche donnent directement sur le coin cuisine : c'est intime ! et rien n'est chauffé alors qu'on est tout de même à 900 m d'altitude au début d'avril.... On grignote avec nos blousons, et la nuit s'annonce glaciale
Un alsacien pèlerin partage notre logis. C'est la première fois que nous ne régnons pas en maîtresses des lieux. Mais l'homme est discret et de commerce agréable. Etant donné que les murs sont minces comme un vendredi saint, reste à espérer qu'il ne ronflera pas...et heu...que nous non plus ! Nous n'en sommes pas, tout de même, à partager nos petites intimités comme ça avec de parfaits inconnus, aussi agréables soient ils !
M'enfin c'est visiblement un matinal, et pour une fois, nous arriverons peut-être à ébranler notre caravane avant 9 heures et demi...vu qu'il nous réveillera aux aurores nacrées sans aucun doute...
Une bonne vingtaine de km par jour prévus pour demain et après-demain, pour arriver au Puy (une petite quarantaine de km de Saint-Georges, là où nous sommes ce soir... Soit une bonne demi-heure en voiture !...on perd réellement nos repères temporels.

Bonne nuit, bonnes gens ! faites de beaux rêves !

CLAIRE AVAIT RAISON !!!




En l'honneur du 1 avril, Claire nous a annoncé le réveil des volcans d'Auvergne .... sans, hélas pour elle, susciter la moindre réaction de notre part !! ( mais le soir, j'ai écouté quand même attentivement les infos locales, m'étonnant qu'on n'en parle pas !!!)

dimanche 1 avril 2012

Dimanche soir 1/04, à Usson-en-Forez

Grosse grosse étape ce jour : 23 kms ! , dont un col à 1165 m (6 kms au moins de montée continue au démarrage, dans un froid intense).Je trouve que c'est beaucoup pour mon seulement deuxième jour de marche. Mais : "ballade" magnifique sur les monts du Forez, chemin muletier très bien conservé (ancienne "via bolena" romaine), et Chantal a vu un chamois ou une bête qui y ressemble (pas moi).
A retenir pour les amateurs de randonnées : de Saint-Jean-Soleymieux à Usson-en-Forez, le sentier de Compostelle est bien balisé (coquilles) et magnifique, entre forêts et pâtures, et pas de goudron, et pas de bruit, et pas un chat.
Maintenant, il est moins de 18 h, je suis douchée et en pyjama dans mon lit, ...et je n'ai pas l'intention d'en sortir (et en plus, je vais regarder "Barnaby" ce soir sur la 3). Ma soeur veut se nourrir ce soir d'une barre chocolatée, mais je l'expédie m'acheter une pizza au village...(Nous sommes dans un petit hôtel dont le restaurant est fermé ce soir, et pour changer, nous sommes les seules clientes)