...et c'est peu de le dire. Depuis deux jours, j'enfile les cols les uns après les autres, dans des chemins raides comme la justice, le plus souvent plein de gros cailloux et de rochers qui affleurent, dans une solitude totale. Pas désagréable du tout, même si j'aime bien savoir que ma soeur sera là au moment des haltes et qu'on déballera le fromage de pays qu'elle a l'art de dénicher pendant que je suis à la peine. J'avoue -je devrais dire : honteusement ! - qu'aucune grande idée philosophique n'atteint mon petit cerveau qui se rapproche plus de celui de la chèvre. J'ai lu hier soir quelques pages de je ne sais plus quel grand voyageur à pied, et je suis confondue par tant de grandes envolées lyriques, là où je me contente d'écouter les bestioles qui habitent les forêts, et être aux aguets en espérant en voir quelques unes de près. Un QI d'huitre, autrement dit, dont j'ai le plaisir de me satisfaire. Marcher, c'est une drogue. J'aime beaucoup prendre mon bâton le matin, et mettre mon sac sur mon dos, et je n'arrive pas à comprendre pourquoi ça ne me lasse pas du tout de refaire tous les jours la même chose...
Les forêts du Haut-Beaujolais me surprennent...Elles sont plantées massivement de sapins Douglas, qui poussent à toute vitesse, nous a t-on dit, et qu'on coupe partout à tours de bras (en matraquant au passage tous les chemins avec des engins du diable). Le plus étonnant est que les bûcherons laissent sur place les restes du débardage, qui au fil du temps encombrent complètement les sous-bois et c'est très moche. ça fait des tas de friches dans lesquelles les ronces s'emmêlent. J'ose à peine imaginer ce que ça pourrait donner une année de grande sécheresse, si le feu prenait dans ce foutoir.Je me suis dit plusieurs fois que je n'aimerais pas vagabonder dans ces forêts en plein été...L'autre inconvénient est que ces arbres gigantesques bouchent complètement les perspectives, et qu'on est à l'affût de la moindre trouée pour voir le paysage de cette région : sublime !
Voilà...fin de mes divagations pour aujourd'hui. Je viens de faire une grande lessive. Il y a des chaussettes qui pendouillent un peu partout. Un jour, peut-être, quand on sera dans une ville, je renouerai avec cet instrument pratique qui s'appelle machine à laver ? Mais les petits gestes du soir ne sont pas pesants...C'est dingue d'oublier aussi vite le confort...J'ai fait quelques photos avec mon téléphone : je chercherai longtemps la raison pour laquelle elles refusent obstinément d'apparaître à l'endroit sur le blog. Magie du chemin ?
Bonne nuit à vous tous ! C'est l'heure d'aller dormir (comme les poules, avec le jour qui disparaît !)
une poule? une huître? une chèvre? j'aurais pu rajouter une vache, mais apparemment deux semaines ont déjà entamé ce que d'aucuns pensaient inamovible! changer le monde, c'est commencer par changer soi-même; et changer soi-même, c'est changer sa propre vision du monde... Qu'en sera t'il demain?
RépondreSupprimerpendant ce temps-là, le monde tourne; la barbarie nous divise de plus en plus, les poules ont encore des dents et Nicolas Sarkozy est encore président...
Qu'en sera t'il demain?
et pendant ce temps: http://www.lesroyaumes.com/FichePersonnage.php?login=lothilde
oeil de lynx